Principe onirique

Triangle démocratique - copie d'écran à partir du site Géoportail

J’ai rêvé qu’on me demandait (sujet d’examen) ce qu’était un principe démocratique. Je réfléchis, à voix haute, deux ou trois réponses, je me réveille. Et je réfléchis encore, étourdi, à la question posée par le rêve. Quand me revient le lieu de la question : une petite route de campagne, une petite route sur une colline, qui monte doucement. Je sais très exactement qu’elle mène vers le village de Semoussac, où j’allais à l’école il y a une quarantaine d’années, et qu’elle serpente. Pourtant, pas de clocher à l’horizon, pas de virage. La route est rectiligne, va de biais sur la droite, la colline est rase et le ciel vide. Je sais que je me situe à un embranchement de deux petites routes dont celle que je viens d’emprunter se scinde en deux, selon qu’on veut remonter vers le village à gauche ou descendre vers le pont à droite (avant une montée courte mais raide), de sorte qu’entre ces deux bras et la route qui monte, se trouve un ilot de verdure triangulaire. Je suis au sommet le plus haut, 45°22’48.9″N 0°37’37.1″W, à un carrefour, mais il n’existe pas dans le rêve (ni dans mon souvenir). Dans le rêve, je suis là, je le sais, mais rien n’existe plus que la route qui monte de biais, vers rien. Rien d’autre que deux années d’école, en classes préparatoire et élémentaire (avant le grand déménagement à Belleville). Rien, aussi, que le café du village où papi Omer m’emmenait. Il buvait le coup avec son copain qui tenait le café, en mangeant des œufs durs qu’ils trempaient dans un peu de sel sur le comptoir. J’avais le droit à un œuf aussi, et une poignée de pièces jaunes pour le distributeur de cacahuètes : quelques centimes de francs, glissés dans la fente, je tourne l’espèce de loqueteau chromé, brillant, et la petite porte s’ouvre, laissant s’échapper dans une coupelle une bonne poignée de cacahuètes, parfois encore recouverte d’une fine peau d’un brun rouge. J’allais ensuite glisser mon bras dans le babyfoot pour soulever l’obstacle qui empêchait les balles de descendre, et alors je jouais en faisant tourner les barres. Parfois, je décrochais le téléphone mural (un gros téléphone des PTT, gris souris) et je ne sais qui j’appelais en utilisant tous les chiffres du cadran rotatif, que la mitraille étouffée (de plus en plus longue à mesure qu’on s’approche du zéro) égrenait. Maman ? Mamie ? Lulu ? L’écouteur dans l’autre main, sur l’autre oreille. Le bip intempestif.

  1. Quant au principe démocratique, je ne me souviens pas et je me garderai bien, maintenant que je suis éveillé, d’en donner une quelconque définition. Mais la nuit prochaine, peut-être, j’oserai ?
  2. Tout le monde rêve, et peut-être est-il là le principe démocratique ?
  3. Comme si je n’y croyais pas… Merde !
  4. À Belleville : 47°30’02.3″N 2°51’06.5″E – et c’est dans la rue Baudelaire aujourd’hui, qui alors n’existait pas vraiment.
  5. Démocratique : ne faudrait-il pas entendre le mot autrement, à partir de son sens littéral ou étymologique, du côté du peuple, si réduit soit-il – du peuple réel, des quelques personnes en chair et en os qui vous sont proches, très –, et du pouvoir, aussi magique qu’illusoire ?
  6. Dans la copie d’écran, j’embrasse d’un seul regard le lieu de la question, l’école primaire et le café avec papi Omer d’un côté, le petit hameau où vit encore mamie Lulu, celui de la maison des parents, de l’autre côté, et dans un autre coin l’ami d’enfance.

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