La trouille, le précaire, l’instable – sur l’écriture 2

11 François Bon - 135 façons de sauver la Terre comment pourquoi - édito du 12 nov. 2020

« c’est juste, il se passe quelque chose, ensemble, par le fait que toi tu es là, et tu demandes à ton texte de pouvoir être dit là dans l’instant, et que le partage s’établit, tu le sens bien, corporellement, et c’est là où sont arrivés les musiciens – venir sur scène, et qu’il n’y ait pas de texte préalable, toi ce que tu fais à ta table, l’expérience d’écrire, le surgissement, ces moments… brefs, denses, est-ce qu’on pourrait imaginer que ce soit là-dessus qu’on établisse le partage ? – comment ton texte il peut compter, politiquement, oui mais politiquement au sens large, notre souci du monde, notre inquiétude du monde, comment ne pas être un littéraire qui raconte ses histoires, mais, faire que… ce qui t’emporte ce soit justement ce qui t’amène au langage – la trouille, le précaire, l’instable – un jour, un matin, tu te remets à tout faire comme d’habitude mais, à l’envers, est-ce qu’avec ces choses-là on pourrait changer la terre ? – si on part pendant une heure de concert, tu vas en parcourir sept, huit, dix douze, pas plus, mais chaque fois c’est la totalité qui va résonner, et tu vas dire où tu es dans le besoin du texte, là maintenant, où tu es dans ton inquiétude du monde, là maintenant »

  1. Ce que je retiens de l’édito de François Bon du 12/11/2020, sur 135 façons de sauver la Terre comment pourquoi.
  2. Toujours sans majuscule ni point final, la réflexion s’enracinant dans une expérience de lecture au long cours – avant l’Internet –, avec toujours ce point de bascule, ou de bifurcation – chemin faisant avec le Net, désormais –, sur l’écrire, ou quelque chose quand ce geste investit ce qui lui précède, quelque chose comme l’inscrire. Comment on passe de l’un à l’autre, de l’inscrit à l’écrit, quand le second rattrape le premier, qui n’est rien au fond, mais qui fait ce que peut l’autre, qui lui doit tout ou presque ? Comment elle s’inscrit, elle, la résonance du tout dans ces petits riens, qui ne sont plus de simples traces mais deviennent des empreintes – si l’empreinte est bien l’indice d’un monde ?
  3. Le choix de la copie d’écran : qu’on ne reconnaisse pas vraiment ce qu’il tient en main, grâce à la lumière qui se reflète dessus. Un miroir ? Une page ? – Tant pis pour l’autre image, où c’est la lumière bleue, de derrière, qui se reflétait et se retrouvait projetée en avant. Mais cette espèce de carré blanc sur fond noir – un trou ? –, pour moi c’est mieux. Et désolé pour la tête que ça lui fait…
  4. Alors c’est ça la parole, au fond (et peut-être aussi tout le langage) : une petite grimace ?

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