Métier 11

 38 Julien Prévieux - What shall we do next (séquence 2) - 2014 - copie d'écran 1

Quand, tout le monde parti, tu fais le tour des machines pour éteindre celles restées allumées, refermer les écrans laissés ouverts, il y a toujours quelques traces de doigts à nettoyer, dessus, à l’aide d’une feuille de papier essuie-tout, en frottant nerveusement sur le petit halo de buée, et puis sur le clavier où certaines touches luisent bien plus que d’autres – espace, entrée –, et le pavé tactile pour deux ou trois traits gras.

Vraiment ? il ne comprend pas… ? C’est que la parole, parfois, vous savez… ça ne colle pas… ça ne rend pas toujours très bien les mots qu’on emploie… on est toujours un peu à côté de ce qu’on voudrait dire… Et on peut parler longtemps comme ça… ? à côté… ? S’il ne comprend pas, c’est qu’il y a malentendu… on n’est pas peut-être pas sur la bonne longueur d’onde… Il faudrait trouver de quoi en changer… Abandonner la parole, les mots… ? mais c’est très insuffisant ça… ! Il faut oublier tout ça pour se faire comprendre… ? Non, mais au moins pour donner à comprendre ce qu’on dit… la parole, les mots… il leur faut comme un cadre, un contexte, une situation… Du concret quoi… Ah non ! pas du concret ! y en a marre avec votre concret… ! le concret c’est une idée toute faite comme les autres pour ceux qui veulent s’abstenir de réfléchir pour en avoir, des idées… ! Un cadre, c’est bien… un autre support que les mots… quelque chose d’autre qui les supporte… et il suffit parfois de l’esquisser pour enfin voir… un portrait… un paysage… ce qu’on veut dire… même si c’est un peu grossier… Comme la tête à Toto… ? Comme ça… avec le feutre… de la main droite… le feutre rouge (bleu HS)… le décapuchonner… le capuchon en main gauche… se mettre à dessiner… une sorte de schéma… ou un semblant de diagramme… un tableau flottant au milieu des traces noires… toujours le stylo bien en main… bien calé entre le pouce, l’index et le majeur… un peu repliés… et ça peut aller et venir aussi… ça va et ça vient sur le tableau blanc… ça fait des ponts, des vagues… ça tire des traits aussi… sur deux ou trois ou quatre lignes… des ponts, des boucles, des traits.

Parmi les films utilisés pour parler des conditions de (du) travail, il y a Entrée du personnel. Ça commence avec un ouvrier d’usine de découpe de viande. Il claque des doigts, et il nous demande, régulièrement, de faire comme lui, de claquer de doigts, quelques minutes, comme lui, comme on le fait parfois, comme ça, mais il nous demande, cette fois, de répéter l’opération, quelques minutes, plus qu’un instant, plus que d’habitude, et d’imaginer, tout en claquant des doigts, le majeur sur le pouce, l’index à demi replié, l’annulaire replié, le petit doigt aussi, le majeur d’un coup rabattu, et déjà sur le pouce, à nouveau rabattu, replacé sur le pouce, et puis rabattu, et puis sur le pouce, il demande, sans s’arrêter, de claquer des doigts, comme lui, et d’imaginer, en fin de journée, ce que ça peut faire, comme ça, le majeur sur le pouce, l’index à demi replié, l’annulaire et le petit doigt repliés, le majeur rabattu, et sur le pouce, et rabattu, et d’imaginer, le lendemain, de recommencer, comme ça, toute la journée, claquer des doigts, toute la semaine, le majeur sur le pouce, l’index plié, l’annulaire et le petit doigt, le majeur d’un coup rabattu, et sur le pouce, rabattu, le pouce, rabattu, chaque jour, des années, une vie, comme lui, comme ça, comme lui, comme ça, et nous aussi, comme ça, avec lui, comme lui, de concert, en rythme, à peu près, comme ça, comme lui, avec lui, et c’est à qui, petit défi, tiendra longtemps, comme ça, pour voir un peu, comme lui, ce que ça fait, comme ça, comme ça, comme ça, et c’est à qui, pourquoi pas, comprendra, peut-être, pourquoi ça, claquer des doigts, comme ça, comme ça, en début de film, majeur sur pouce, index plié, annulaire et petit doigt, et rabattu, comme lui, au début du film, et pourquoi ça, ça veut dire quoi, comme ça, et nous aussi, en rythme, pour longtemps, le plus longtemps, pourquoi pas, pour comprendre, peut-être, peut-être, que c’est comme ça, comme lui, un claquement de doigts, et puis un autre, et puis un autre, comme ça, c’est comme ça, peut-être, aujourd’hui, que ça marche, que ça va, le travail, le monde, le monde comme il va, au travail, au claquement de doigts, comme ça, comme lui, majeur sur pouce, l’index replié, l’annulaire et le petit doigt, et rabattu, c’est comme ça, et nous aussi, on fait comme lui, comme ça, tous ensemble, ou à peu près, comme lui, et pour longtemps, comme ça, comme lui, comme ça, comme lui, d’un claquement, au doigt, répété, répété, comme ça, au doigt, comme ça, et à l’œil, comme ça, comme lui, comme ça, au début du film, et pour longtemps, comme ça, pour nous, avec lui, au doigt, comme ça, comme ça, comme ça, comme ça, c’est ça, le travail, comme ça, à l’œil, c’est comme ça, comme ça, comme ça, comme ça, faut que ça claque, comme ça, comme lui, comme ça, comme ça, comme ça, comme ça, comme ça.

Et ça fait des vagues et des boucles et ça claque… par petits coups… sur quelques lignes comme ça… deux ou trois… c’est feutré sur le tableau blanc… sec sur le noir… grêlé de points blancs… et les traces blanchâtres de la brosse… des lignes en zigzag… quatre cinq… on tire un trait vertical… comme ça… et un autre parallèle… et un trait horizontal comme ça… perpendiculaire aux deux autres… un autre parallèle au premier horizontal et perpendiculaire aux deux autres… et des croix et des cercles… des croix et des cercles dans les cases vides… et tout ça en parlant… tout ça comme ça… pour voir ce qu’on dit… enfin… pour mettre en forme l’incompris… donner à voir l’inconnu… un portait… un paysage… même si ce n’est qu’un coin… même si ce n’est qu’une pièce d’un puzzle sans fin… comme un bouchon au milieu de la mer… un bouchon de conscience dans une mer d’affects… suffit que ce soit la pièce qui manque… avec du feutre plein les doigts.

Les doigts repliés, les doigts fins, secs, autour de l’iPhone, comme pris dans la Toile, le pouce sur l’écran, qui s’active, par petits coups, secs, de bas en haut. – La tête par-dessus l’épaule, les mains sur le bord de la table, les yeux sur une page-écran, ou une feuille volante, les deux mains sur le rebord, les doigts écarquillés, on observe, on parle, on se rapproche, le corps déporté, le poids l’emporte, la paume, les paumes se relèvent, le dos des mains se dresse, les yeux froncent, veines et tendons gonflés, la base des phalanges plissée, creusée, boursouflée, le cou est tordu, le bout des phalangettes rougissant, bouffies, jusque sous les ongles trop longs. – Mais, comment il tient son crayon ? Au lieu de se trouver au-dessus de la pointe, replié avec l’index, pour bien la maintenir contre le bout du majeur, il est complètement de travers, tendu, au milieu du stylo, sur la phalangine ! Ça doit être raide pour écrire. – La main qui tremble, le dos de la main, blanc, velu, taché de son, le dos qui en suspension, au-dessus du clavier, qui tremble et s’abat. – Les mains qui s’enroulent autour de la grande tasse de café. Les doigts qui la font tourner. La hanse qui passe de l’extérieur vers l’intérieur, côté corps. Et les mains réunies fument. Les mains chaudes, foyer autour duquel se pelotonne le visage. Les yeux par-dessus la pelote des mains jointes, c’est tout ce qu’on voit. Et les petites volutes de la vapeur.

Elle est où la grande règle ? – Tu sais où se trouve l’agrafeuse ? – T’as pas des Post-it ? – Y aurait un stylo noir ? – Il est où le tube de colle ? – Je peux t’emprunter ta gomme ? – On a encore des blocs-notes ? – On en a plus des gros trombones ? – Mon surligneur est mort t’en as un ? – C’est toi qu’as repris la calculatrice ? – Les gros ciseaux tu les as cachés ? – Pour un timbre c’est où déjà ? – Et les piles ? – On n’en a plus en tube ? – Je peux te voler ton Scotch ? – T’as pas plus petit en Post-it ? – Ça existe les taille-crayons ici ? – Le cutter, ça ira mais il est où ? – T’as pas une autre couleur par hasard ? – Et des souris il en reste ? – T’aurais une clef USB dont tu te sers pas ? – T’as du feu ? – Et combien d’autres questions comme ça, qui me font ouvrir le tiroir, souvent celui du haut, parfois celui du milieu et celui du bas, un caisson, que j’attrape sur le côté droit, que je fais glisser jusqu’à moitié, que j’arrête de la paume, et puis je commence à fouiller, à gratter, en écartant ceci, cela, d’un doigt, du majeur droit je crois, parfois je dois tirer à fond le tiroir, et les petits objets qui s’entrechoquent quand je les rabale, ça racasse, et quand il y a du papier ça feurlasse.

38 Julien Prévieux - What shall we do next (séquence 2) - 2014 - copie d'écran 2

  1. Le texte envoyé pour sa mise en ligne : mille et un doutes noués. C’était plus serré pour le dernier. Parce qu’un livre en perspective ? Parce que le texte plus long ? Coupé dans son élan ? L’investissement plus fort ? À cause de l’image ? Parce que pas d’autre proposition d’écriture ?
  2. Idée comme ça : vacances à Aix, musée Granet (collection Planque), audioguide pour enfants ; j’entends ce qu’on écoute pour un tableau très abstrait de Monet (un square le soir, je crois), en regardant le tableau à côté : ça marche aussi ! Et je me dis : « Et si on écoutait les commentaires de l’audioguide en se retournant, en observant le tableau derrière, ou le mur, ou des dos, ou un visage… ? »
  3. Un fort investissement dans l’écriture (quelle qu’en soit la qualité, d’ailleurs difficile à évaluer) dénature mes lectures : dans le livre entre les mains, les lignes sont poursuivies, doublées, envahies, hantées par celles qui cherchent à se libérer des sentiments et des pensées.
  4. Non, ce n’est pas tout à fait ça. Les lignes qu’on a en tête, qui ne tiennent pas en place, qui vont et viennent et tournent en boucle dans le passage du livre qu’on lit pour la énième fois : c’est se libérer de quelque chose du réel dans quoi les sentiments et les pensées se trouvent eux-mêmes pris, qu’elles cherchent ; d’une réalité dont on se souvient, de la réalité même du souvenir, de la réalité de ce dont on ne sait même plus si on l’a vécu ou imaginé, de la réalité de ce qu’on invente, de la réalité du doute dans l’invention, et dans toute réalité, la réalité douteuse. Et alors c’est quoi, le livre qu’on tient entre les mains ? Qu’est-ce qu’on lit dans ces conditions ? Qu’est-ce que lire ?
  5. En attendant la #11.
  6. J’aimerais un jour pouvoir réécrire un livre déjà existant. Simplement en biffant quelques lignes, et en résistant à la tentation de combler le vide (à moins de savoir l’exprimer). Après tout, il arrive qu’on souligne les passages qui nous parlent, qu’on voudrait apprendre par cœur, qu’on aurait voulu écrire, qui nous apprennent quelque chose. Mais le reste, ça ne compte pas ? Et si au contraire on chassait les passages qui ne nous disent vraiment rien ? ou si, justement, on éliminait les passages qui semblent nous parler ? qu’est-ce qui resterait ? n’en apprendrait-on pas autant sur nous-mêmes comme sur l’écriture ? nous qui voulons écrire ?
  7. Quel album ça pourrait faire aussi, ce livre sur à partir des salles cinéma, avec des entrées de cinémas, des salles avant la séance, les affiches de tous les films cités, des photogrammes de scènes inoubliables peut-être, des objets étonnants, une rencontre avec un cinéaste – et des visages surpris, avec la peur de leur vie, ou des qui se tordent de rire, etc., mais qui fait des photos pendant le film ?
  8. Vacances : après une belle randonnée jusqu’à la Croix de Provence, un bon tour le long du lac de Sainte-Croix.
  9. Et voici : « très simplement, très concrètement […], démultiplier des images de mains : les démultiplier temporellement (différents instants, repères, de sa vie) ou fonctionnellement (les mains du personnage selon ses différentes occupations, et merci de ne pas en faire un texte ludique). » – Zut ! avec les vacances, les seules mains du travail dont je peux le plus sûrement parler, c’est les miennes. – Mais est-ce d’ailleurs si sûr ?
  10. Pour parler le plus sûrement des mains, ne vaudrait-il pas mieux se faire aveugle ? en parler non comme si les voyait faire, mais comme si on les entendait faire ? ou les sentait faire ? – Oui, mais pour la cicatrice près de l’ongle du pouce gauche, à sa base, côté droit, faite il y a une trentaine d’années avec un Opinel ? – Trouver ce qui rappelle la lame, la coupure, le sang. – Ou la petite verrue au milieu de la phalange du petit doigt de la main droite, côté paume ? – Ce qui reste de l’aiguille, du perçage, du sang.
  11. Le goût de la main. Le goût et l’odeur, quand on en a plein les doigts.
  12. Depuis quelque temps je ne visionne plus les vidéos, je m’appuie seulement sur le texte de la proposition, que je lis et relis. Quelque chose d’autre, qui m’aura échappé ou paru commun, peut ressortir. Là : « le centre de gravité délibérément mis sur le geste. »
  13. « et pour le persan, tes doigts caressants » : dans quel livre pour enfants ?
  14. Ces notes, comme une façon de se délester de ce qui ne rentre pas dans le cadre qu’on s’est imposé : au travail. Impossible, autrement, de parler des mains de ME. Quelque chose l’emporte ici, avec la main, quelque chose de continu, sur un rythme assez vif, plus ou moins régulier. J’ai copié-collé à plusieurs reprises certaines formules, et même un pan de phrase, mais systématiquement retouché, la nuance dans la répétition devant servir une sorte de dérive générale, continue.
  15. Dernière modification « dim. à 03:24 ». Endormi. Réveil, nausée. Lever, 6 h., toilettes… ME me parle. Je dis oui. Sa main sous ma tête. Je dis oui. ME me regarde. Je dis… Tu peux dire autre chose ? Oui. Au pied de l’escalier. Relevé, cachet, verre d’eau. Dodo. Réveil à 9. Café, brioche, confiture, téléphone Samu, du pain du beurre, médecin régulateur, 2 sucres. Le temps de prendre une douche ? Restez comme ça, on vient vous chercher. ME, ils disent qu’on vient me chercher, je file me doucher. Les pompiers sont là en 5 minutes. Ils sont grands, ils sont gros, ils ont des grosses paluches pour porter les gros sacs qui remplissent la pièce. Tout ça pour moi ? Je pensais qu’on venait pour du lourd. Tu peux remballer Flo. On passe aux questions ? Vers 10 h ?, urgences, zone Covid, brancard, nausée, des mains, ça pique, patchs, cathéters, tuyaux, bip, fils, ça va ?, bip, Bétadine, c’est froid, bip, partout, des mains, des gants, monsieur ?, bip, le pantalon, ça serre ?, ça brûle ?, bip, seringue, 4mg, l’écho ?, pas beau, bip, vêtements, cathéters, main dans le sac, œil azur, bip, ça va ?, péricarde, pas beau, transfert, bip, tuyaux, téléphone, maison, téléphone en main, bip, œil azur, Saintes, transfert, perf, qui part ?, bip, monsieur ?, gros morphine, main seringuée, 14/1, fils, bip, pas beau, péricarde, ça va ?, à Saintes, bip, main azur, monsieur ?, costaud, monsieur ?, pimpon, bip, ça brasse ?, reflets, lignes blanches, pimpon, bip, ciel azur, mains douces, ça tourne ?, au feu, pimpon, bip bip. Plus tard, urgences de Saintes. On m’emmène pour une coronarographie. On m’enlève tout, sauf fils, électrodes, tuyaux, cathéters. On en rajoute un plus gros dans le bras, pour faire remonter une sonde jusqu’au cœur. Deux mains s’affairent autour de la mienne, la droite, bientôt quatre. Elles portaient des gants ? On observe attentivement ce qu’elles font. Et pourquoi il fait plus frais ici ? Il y en a six, peut-être huit. La mienne est relâchée, ni ouverte ni fermée, les doigts quelque peu repliés, genre Adam dans la Création de Michel-Ange. Mais juste la main, juste les doigts que je ne les sens plus. Sauf quelque chose qui semble remonter le bras du dedans. Quelque chose qui fait la lumière sur ce qu’il traverse, à l’aide de l’espèce de gros œil carré, blanc, qui gravite au-dessus de mon cœur, s’en rapproche, s’en éloigne, passe à gauche, à droite, semble venir un instant me voir, et renvoie ce qu’il perçoit sur un écran géant noir, à gauche. Je ne distingue que de pâles reflets. Ça se dirige avec un joystick votre œil ? Oui ! et on peut jouer à Pac-Man sur l’écran. Les mains vont et viennent sur les images. Une bonne douzaine maintenant, sans gant. Je ne vois rien, mais on m’explique : que c’est pas tout lisse, qu’il y a comme des plaques, mais enfin pas d’étranglement nécessitant un stent. Et puis un drôle de petit frottement du cœur. Et si on regardait le match là ce soir ? Allez, je vous confie au cardiologue. La jeune avec de profonds yeux noirs et brillants ?
    • À chaud. Fallait le faire là, le sortir tout de suite cet imprévu de fin de vacances, où mille et une mains… Sauf qu’on ne le voit pas encore, ça, le multiple, l’innombrable. Toutes ces mains, souvent à travers la même, affairées. On ne voit encore rien. Ni de la plastique ni de la cinétique de cette main folle, son échographie, la sonde qu’elle fait doucement glisser, tourner, le gel quasiment invisible, qui finira par recouvrir le corps, tout baudré. Des mains au travail, comme ça, qui sauvent des vies – sans compter les yeux au-dessus des masques, et c’est de là que venaient les voix ? Avec arrêt de travail, mais vie sauve. Il faut laisser reposer, maintenant. Refroidir. S’il y a là-dedans du texte, c’est peut-être pour une proposition à venir.
  16. Cette tendance au jeu de mots, quand le titre ne vient pas, en explorant les définitions des dictionnaires, les expressions, les locutions.
  17. Évidemment, le cadre que je me suis imposé – au travail – m’empêche de parler de mille et une autres mains. Des mains du matin, notamment, à l’heure du petit-déjeuner, avant de partir au travail : la petite bête qui monte dans le dos, sur l’épaule, sous le menton de la petite, qui rend la pareille et manque de t’étrangler ; la patte sur le cou du grand qui vient juste de se lever, il secoue la tête en meuglant ; le dos de la main sur la bonne joue de ME, de tout petits coups répétés, pendant qu’elle trempe dans son bol de thé sa tartine beurre salé confiture de prunes maison, et croque dedans.
  18. Le petit livre pour enfants, c’est Dodo fourrure.

38 Julien Prévieux - What shall we do next (séquence 2) - 2014 - copie d'écran 3

  • Des semaines que je réfléchis à une image-titre. Rien. Je reste bloqué par deux photos : l’une de Dorothea Lange (le visage d’un homme, un ouvrier ; la main devant la bouche, aussi large que son visage — manière de dire qu’il fait partie des aux invisibles ?) ; l’autre de Raymond Depardon à San Clemente (un homme attablé, totalement caché sous sa veste, sauf une main, un poing, maintenant la veste refermée). Si fascinantes qu’elles soient, ce n’est pas ça.
  • Il faudrait que je me concentre sur un détail du texte.
  • Du côté de la vidéo de Blow up, sur Les mains au cinéma, c’est très intéressant. Mais rien de consistant.
  • Les deux mains qui se dessinent d’Escher ?
  • Le détail, ça pourrait être les verbes patois : rabaler, racasser, feurlasser. Mais va trouver une image pour ça !
  • C’est la première fois : le texte a déjà été mis en ligne sur Tiers Livre, mais j’en profite pour quelques retouches ici et là.
  • Entrée du personnel : j’aurais pu en tirer une copie d’écran du documentaire. Mais je préfère What shall we do next ? de Julien Prévieux, parce que je n’en parle pas directement, et parce que la performance traite directement du geste, du geste au travail, et les mains sont aux premières lignes — directement, avec une voix off, un texte.

38 Raymond Depardon – Hôpital psychiatrique, Piémont, Turin - 1980

Laisser un commentaire

Mots pour maux |
Loveetc |
Krogsgaard24barton |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Croissants de livres
| Arts littéraires de W&W
| Pintdress8