Métier 16

40 Rebecca Murtaugh - With a pink cavity - 2003

17. À moins que ce ne fût sous une autre identité, difficile de croire qu’il ait envoyé cette lettre de non-motivation, dont on ne trouve aucune trace, en même temps que sa candidature à la structure, pour sa seule fonction de formateur.

18. Walter Benjamin, « La folle journée (trente casse-tête) », Lumières pour enfants, traduit de l’allemand par Sylvie Müller (1988), Paris, Christian Bourgois, coll. « Titres », 2011, pp. 267-279.

19. Dans sa correspondance électronique, on trouve une autre image de la façon dont il conçoit ses notes de fin, comme texte parallèle : « Les codicilles, oui, ils ont pris beaucoup de place. Mais la forme et fonction « d’écho radar », c’est venu aussitôt. Sans eux, il n’y aurait pas de texte je crois bien. J’exagère, parce que ça fait cinq ans les ateliers Twilight Zone. Mais ce double jeu, je dois dire que ça m’a plu d’emblée. Et si le texte ne venait pas, le codicille pourrait le remplacer… Mais ça n’arrivera pas, à moins que ce soit déjà le cas chaque fois ? »

20. L’APPj, c’est le journal de travail qu’il tenait, tant bien que mal, afin de savoir qui fait quoi, qui en est où dans son programme de formation, dans son projet professionnel. Strictement utilitaire au départ, ce journal a par la suite pris de l’épaisseur, s’est étoffé de remarques et d’anecdotes diverses concernant le déroulement des séances de formation, ou les stagiaires eux-mêmes qui pouvaient se confier et faire le récit, fragmentaire, de leur vie.

21. La citation exacte de Lars Iyer est : « Il est temps que la littérature prenne acte de son propre décès au lieu de jouer à la poupée avec son propre cadavre. » (Lars Iyer, Nu dans ton bain face à l’abîme. Un manifeste littéraire après la fin des manifestes et de la littérature, traduit de l’anglais par Jérôme Orsoni, Paris, Allia, 2016, p. 40.)

22. En fait, la structure était double. Il y avait d’un côté là où il travaillait, le pôle formation de la structure, et de l’autre côté, le pôle insertion. Mais ces deux pôles n’avaient pas le même poids (symboliquement et économiquement) et n’étaient pas vraiment coordonnés : le pôle insertion a toujours porté, représenté l’ensemble de la structure, de sorte que pôle formation, en retrait, lui est resté subordonné.

23. Le Chemin noir n’existe plus aujourd’hui. On accède aux anciens locaux de la structure, désormais intégrés à la caserne des pompiers, par la rue Jean Moulin.

24. Le personnage a toujours constitué une notion inquiète. Cela semble venir du fait qu’elle se trouve prise entre deux feux conceptuels : le premier, courant, relève de la personne, comme horizon, tentation du personnage – par quoi le lecteur peut s’identifier au personnage si l’illusion hyperréaliste opère – ; le second concept, dégagé du souci de réalisme et des attentes du lecteur, relève du personnage comme animal : animal, en tant qu’il ne réagit, au milieu de tout ce que la nature peut offrir, qu’avec un nombre, parfois très restreint, d’éléments, des porteurs de signification déterminant son espace vital, son monde, et pour lesquels il reste aux aguets.

25. Dans l’APPj, on trouve une version plus élaborée : « Repas monochromes : format entrée-plat-dessert minimum ; des aliments de la même couleur pour commencer ; et puis, à répéter l’opération, on détournera les aliments : on délaissera leur fonction nourricière pour leur force imaginaire, en renversant par exemple ici le nuage de lait pour du lait de nuage, en proposant là une pelote de laine au lieu d’un carré d’agneau ; et on finira avec un menu ne contenant aucun aliment réel, seulement des nourritures imaginaires rassemblées autour d’une même couleur. »

26. Rares, en effet, furent les séances qui eurent lieu à l’extérieur des préfabriqués. Ce fut seulement vers la fin, après que la commune réaménagea la place du château, qu’il donna rendez-vous aux stagiaires plus régulièrement, les beaux jours venus, autour de la grande fontaine ou dans le nouveau square du 14 juillet et son aire de jeux, près de la cascade, installés sur une architecture déstructurée de pavés saillants, d’où surgit l’eau.

27. Nouvelle référence approximative de Lars Iyer. Elle se situe, de plus, à la toute fin de son livre, non au début. La citation exacte est : « La voilà ton œuvre : dessiner des croquis stupides pour passer le temps dans le désert. » (L. Iyer, Nu dans ton bain face à l’abîme, op. cit., p. 46)

28. On pourra lire l’ensemble de ce petit chapitre sur le bonheur dans Hippolyte Taine, Vie et opinions philosophiques d’un chat, Paris, Payot & Rivages, coll. « Petite bibliothèque », 2014, pp. 35-38.

29. Le RSP désigne le Relais de service public de Chalais, le seul lieu où il délivra des séances de formation hors des murs de la structure. Selon lui, ce fut comme une catastrophe.

30. Amorce désigne de façon abrégée le dispositif d’orientation et de formation Amorce de parcours, conçu par la Région. La critique, plutôt sobre ici, n’est pas représentative de sa défiance, et d’un ton plus acerbe dans l’APPj, envers le « marché » de la formation, et du travail en général, sans cesse produisant de nouveaux services comme « autant de produits d’appels, dérivés, et de sous-produits, dans une langue de réclame hypertrophiée, voire atrophiée – tel [Re]connaissances : bouger et s’investir, se mettre en action pour [re]connaître ses qualités : de la même farine que “obtenez la confiance de vos chefs et l’amour des femmes grâce à la méthode culturiste samson” dans Le Cul de Judas ? » – Pour cette dernière référence : Antonio Lobo Antunes, Le Cul de Judas, traduit du portugais par Pierre Léglise-Costa (1983), Paris, Métaillié, coll. « Suites », 1997, p. 187.

31. Lionel Jospin, Premier ministre de juin 1997 à mai 2002. Sa rencontre furtive dans l’Île de Ré, en août 2000, n’est pas avérée. De tous les proches qui se trouvaient en vacances avec lui au camping de la Tour des prises, personne ne se rappelle avoir croisé le Premier ministre en train de courir. On se souvient mieux, en revanche, sa cuite mémorable la veille de la sortie à vélo.

32. Après le licenciement de la première directrice de la structure, JC, il a tenté de savoir ce qu’elle devenait à l’aide de la Toile. N’y parvenant pas précisément, ce sont toutes les informations possibles concernant ses homonymes qu’il a consignées dans un dossier. Le plus surprenant, c’est que ce dossier en contient un autre, fourmillant d’images, dans lequel on devine qu’il a fini par suivre plus un de ces homonymes : la JC décoratrice qui a développé un concept de créations végétales stabilisées, à Aigues-Mortes.

33. Référence à ce passage de L’Urgence et la patience de Jean-Philippe Toussaint : « Je ne prends quasiment pas de notes préparatoires avant de commencer un livre. Il faut qu’un roman soit déjà en cours pour que ma pensée puisse s’accrocher à un épisode du livre existant, à une scène en gestation qui commence à émerger lentement dans mon esprit, à la manière de ces formes blanchâtres aux contours flous et mouvants qu’on voit se dessiner sur les échographies. Les notes, c’est donc plutôt pendant les phases d’écriture que je les prends. » (J.-Ph. Toussaint, L’Urgence et la patience, op. cit., p. 35)

34. Quoiqu’il dise de ce positionnement, « si mal nommé pour tous ces invisibles », ce type de rendez-vous pouvait se faire moment de rencontre privilégié, de dialogue véritable, de charme insoupçonné, surtout avec les femmes – « le fait que tel accent au coin de la lèvre, de l’œil, le fait qu’un éclat au fond des yeux, comme une fossette, le fait que cette voix mince, que ce timbre chaud, que même éraillée, le fait que les inflexions surprises des mots sous la résistance de la langue de l’autre, et celles des phrases emportées par un récit-fleuve sur toutes ces pages inattendues, le fait qu’un dessin à côté de quelques lignes insignifiantes, et le fait que toutes ces hésitations, le fait que toutes ces syncopes », peut-on lire dans une étrange liste de son journal qui semble ne pas devoir en finir.

35. Zazie, personnage principal du roman du roman de Raymond Queneau Zazie dans le métro, qui apparaît de nombreuses fois dans les notes, souvent au discours direct, est une sorte de marotte.

36. Dans la Wayback Machine (sur web.archive.org), on trouve quelques traces de ce que fut la version en ligne du livre sur Twilight Zone, livrée sous forme de feuilleton. Il s’avère que certains titres des textes sont différents de la version finale, et correspondent mieux à la « simplicité alittéraire » de L. Iyer dont il se réclamait malgré les propositions d’écriture parfois complexes, et qui pouvaient le laisser perplexe, qui lui permettaient de « pousser l’écriture pour [s]’y être cogné », lit-on dans sa correspondance électronique.

36. L’emploi des quelques mots saintongeais semble souvent ornemental, mais il arrive parfois, comme on le verra, qu’ils soient employés par une sorte de jeu de mots. N’oublions pas, cependant, que sous l’ornement peut se cacher le plaisir de retrouver et jouer avec les accents qui ont bercé son enfance, et nourri son imaginaire et son goût sinon d’autres langues (sans en parler aucune), du moins de la langue autre, de la langue qui se perd. C’est peut-être aussi une façon de témoigner pour les proches, disparus, qui ont fait vivre la langue maternelle sous un autre jour, avec une autre lumière, comme entre chien et loup.

38. Le feussinet, dans le patois saintongeais qu’il comprenait partiellement, est à rapprocher de la feussine, qui désigne une baguette longue, mince et flexible, une badine. Cela dit, le diminutif n’existe pas dans les dictionnaires spécialisés, et l’on sent bien que l’emploi du mot dans son contexte est à rapprocher du verbe dont il dérive, bien plus explicite : feusser.

39. Naïs, « la petite secrétaire », est la collègue et amie avec qui il a le plus correspondu durant des années. Et d’une certaine manière, tout le livre est déjà là, en puissance, dans cette correspondance qu’il n’aura eu de cesse de reprendre, de renverser, de réinventer dans son journal, pour dire, écrire, tout ce qui lui était interdit autrement. C’est donc d’abord avec elle, si l’on veut, qu’il s’est cogné au réel de l’écriture.

40. Cet autre chemin, plus long, plus vallonné et boisé, le faisait passer par Baignes-Sainte-Radegonde. Il aimait l’emprunter les jours de grand soleil. Il s’arrêtait, parfois, au village Ste-Radegonde à l’écart du bourg, devant la chapelle et son petit parc, et descendait jusqu’à la rivière, le Pharaon. C’est plus loin, à la sortie d’un virage, au bord de la route, seul au milieu des champs de céréales et des parcelles de vigne, que se trouve le chêne centenaire au grand feuillage.

41. Ce fut la seule réunion de conseil d’administration à laquelle il a assisté. Après ce compte-rendu aussi tonitruant qu’il déjoue les règles du genre, on comprend aisément qu’on ne lui ait plus demandé de porter la voix des employés. Et après le départ de JC, il a toujours décliné les invitations aux réunions.

42. Au cœur des pays du Sud-Charente, la structure se situe en effet dans un territoire rural identifié comme zone vulnérable par la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR).

43. On pourra lire cette troisième règle du « Pacte des copains » de Noël Coward dans le recueil Au Bonheur des listes, rassemblées par Shaun Usher, traduit de l’anglais par Claire Debru (2015), Paris, Le Livre de poche, 2016, p. 124.

44. Le non-renouvellement de son contrat de vacation à l’université a signé le début d’une période plus dure qu’il ne le laisse supposer ici : sans appétit, il a commencé à moins se nourrir ; à la pause méridienne, il partait d’autant plus volontiers déjeuner sur le parking du Leclerc, seul dans sa voiture, que Naïs rentrait chez elle ; un des chaussons aux pommes aplatis, tiré d’une boîte achetée dans le supermarché, suffisait ; le reste de son repas, dans ses boîtes Tupperware préparées la veille ou le matin même pour faire illusion auprès de ses proches, il le jetait ; mais les joues plus creuses et les pommettes saillantes au bout de quelques mois n’ont trompé personne, ni les vertiges.

45. Régine Detambel, masseur-kinésithérapeute DE, chargée de cours dans le cadre du DU Éthique du vieillissement et de la maladie d’Alzheimer à la faculté de médecine de Montpellier, titulaire du master 2 de Lettres Modernes, écrivain, auteur notamment de Les Livres prennent soin de nous. Pour une bibliothérapie créative. La formation en ligne avec elle s’est déroulée en mai-juin 2016. C’est de cette rencontre, dans leur correspondance électronique, que provient l’espèce de devise alexandrine qui défilait gentiment sur son écran de veille : de temps en temps, coupez le fil, lisez un texte.

46. La Titine désigne, non une substance hallucinogène démultipliant et déformant l’espace environnant, mais bel et bien sa première voiture, la Fiat Uno qui a fini à la casse après l’avoir lâché sur l’autoroute (une durite). Le thème et la façon dont la phrase s’étire, sur le mode de la gradation, ne sont pas sans rappeler le passage de l’intoxication automobile dont parle Edgar Morin dans La Voie (cf. La Voie. Pour l’avenir de l’humanité, Paris, Fayard, 2011, p. 240).

47. Mali, Algérie, Maroc, Portugal, Espagne, Pays de Galles, Angleterre, Italie, Croatie, Allemagne, Pologne, Biélorussie, Ukraine, Russie : ce sont là les pays d’origine des stagiaires à qui il a délivré quelques cours de français langue étrangère. Si le territoire est pauvre, c’est sans compter sur un autre type de richesse qui échappe aux radars de la DATAR.

48. Eduardo Galeano, « Vol de nuit », Les Voix du temps, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Alexandre Sánchez, Montréal, Lux Éditeur, coll. « Orphée », 2011, p. 197.

49. Il s’agit de la Maison communautaire pour l’emploi, parfois désignée par son sigle (MCPE), parfois sous forme abrégée (Maison communautaire), mais le plus souvent c’est « Là-haut ». Cette Maison, qui existe toujours, mais appartient désormais à une grande internationale privée de travail, se situe au pied du château, rue de la Motte, non loin de la nouvelle place, côté aire de jeux.

  • Pour ce texte qui s’intitulait Notes de travail, j’ai tout de suite pensé aux Post-it que j’utilise régulièrement (des petits, surtout comme signets perpétuels). Et je me suis demandé s’il existait des artistes du Post-it.
  • Il en existe certainement plusieurs, vu le nombre d’images trouvées sur la Toile. Mais c’est Rebecca Murtaugh qui m’a retenu. Christina Kinzer aussi, pour son bureau parsemé de Post-it jaunes du sol au plafond, les murs, le bureau, le fauteuil, et des bandelettes de papier jaune passé dans un destructeur de documents à coupe droite. Comme une métaphore de ce qui se passe dans nos têtes discourant sans cesse.
  • Mais Rebecca Murtaugh. Pour le trou au milieu du bloc, une espèce de tunnel. Et personnellement, je n’aurais pas aligné strictement les Post-it, je les aurais superposés au hasard. Mais le tunnel, au milieu des notes en vrac, oui. Ça peut marcher un peu comme ça, un texte : traverser un ensemble de notes qu’on a en tête, aux tonalités vives très différentes, en se frayant un chemin seulement là où les notes peuvent s’agencer — d’où le vrac dont j’ai parlé : d’une note à l’autre, le trou se situe tantôt au milieu, tantôt dans un coin, n’importe où sur la note — et personnellement, les Post-it, je les aurais pris de tailles et de formes différentes aussi, ça dépend du discours qu’on veut tenir — seul le trou, dans le fatras de papier et de couleurs emmêlés,  est le même partout, du moins quand l’écriture a trouvé sa juste mesure.
  1. À peine ai-je terminé un texte, me viennent très vite, désormais, quelques notes pour le prochain, même si la proposition d’écriture n’existe pas encore. Nouveau document, copié-collé de l’en-tête « Outils du roman #15 », j’actualise le numéro, première note : la prochaine proposition s’intitule « Notes du traducteur » ; j’imagine qu’il va falloir parcourir tout ce qu’on a écrit et, en piochant ici ou là, développer l’ensemble dans tous les sens possibles – pour de nouveaux départs d’écriture ? – ; de là, je me demande : 1) si des notes sur ce prochain texte de Notes sont encore possibles, souhaitables ; 2) si les Notes vont concerner les notes mêmes des précédents textes.
  2. Comment est-ce possible ? Sur le site Tiers Livre, la proposition d’écriture n’apparaît toujours pas ; mais sur le blog, la Revue, je m’aperçois qu’une première contribution est déjà en ligne !
  3. Dans la Revue, j’aperçois un article en attente de publication depuis trois semaines, intitulé Avant le soir, d’Amélie. Il n’est effectivement pas en ligne sur le site. Pourquoi ? Un oubli certainement ? Son contenu ne justifie aucune mise à l’écart. Il est même simple, agréable et étonnant à lire. Sous son apparente simplicité – dans le cadre de la neuvième proposition, dont je ne me souviens pas, où l’on attendait « trois points d’énonciations, sur un même contenu visuel avec cadre » (et je me demande bien ce que j’ai pu écrire) –, j’ai l’impression que, au-delà du café servant de contenu visuel, au-delà du verre omniprésent qui sert de cadre visuel (réel comme les surfaces vitrées et les verres, ou virtuel comme le fait d’imaginer un cadre avec ses doigts avant de photographier ou de filmer), il n’y a qu’un seul point d’énonciation : de force, d’énergie : arracher (le chatterton), briser (le pied d’un verre), agiter (la touillette, le breuvage). Un même point qui justifie peut-être la note lapidaire, plutôt étrange, d’Amélie – comme une autre déclinaison ? : « difficile de ne pas les faire s’agiter. »
  4. Et cette réplique, dans Yoga : « C’est bien. Tu n’es pas seulement venu prendre notre malheur : tu as apporté le tien. »
  5. En atelier d’écriture, on varie beaucoup les plaisirs, le plaisir des formes, et parfois on s’essaie aux formes les plus modernes. Ce faisant, sait-on à quel point on peut être classique ? « Voulez-vous du public mériter les amours, / Sans cesse en écrivant variez vos discours », lit-on dans le premier chant de L’Art poétique de Boileau. – Il est même question de Barbin quelques vers plus loin !
  6. « Il s’agit d’accompagner ce qui n’existe pas, ou ce qui n’existe pas encore. » Voilà qui m’arrange. L’application Reader View de mon navigateur estime le temps de lecture de l’ensemble de mes textes entre 198 et 256 minutes. Moi qui suis plutôt un lecteur lent, si j’avais dû me relire Dieu sait combien de temps j’aurais mis. C’est que je n’ai pas que ça à faire ! – Mais est-ce que je vais gagner au change ? Lire ce que je n’ai pas encore écrit pour l’annoter seulement, il va falloir l’écrire à part soi dans le temps même de la Note, et ça peut durer parce qu’il y en a des choses qu’on n’a pas encore écrites, même dans le champ restreint du travail au lieu de la vie qui l’enveloppe (quoi que : n’y a-t-il pas des moments où le travail prend le relais de la vie, lui donne son élan, et même de l’allant ?).
  7. Ma fille fait ses devoirs de musique. Elle écoute des extraits de morceaux classiques célèbres. J’ai beau gonfler ma batterie de disques pop en tous genres, le thème du film Mission me souffle encore.
  8. La première Note provient d’une note que j’ai effacée ici. L’expression, trop près d’un nœud impossible à démêler, n’en finissait plus de se perdre en détails stériles. Je me suis dit qu’il fallait renverser le rapport à partir d’une vraie Note, comme un détail en soi.
  9. La seconde Note vient du fait que le livre de Walter Benjamin se trouve sur ma table de nuit (une chaise en fait). La veille au soir, j’avais envie de relire « Visite d’une fabrique de laiton ». Pourquoi « La folle journée (trente casse-tête) » pour référence, alors ? Pour m’imposer au moins trente Notes (et relire le texte de cette émission radiophonique).
  10. La troisième Note n’est pas encore écrite : c’est ici un simple prétexte pour signaler que les autres non plus. – Quand la note précède la Note. – Mais on peut aussi imaginer comment les Notes peuvent s’engendrer d’abord par association d’idées : la référence à Benjamin renvoyant à un passage de Jean-Philippe Toussaint (dont j’ai retrouvé le livre), puis à Lars Iyer pour ses idées sur la littérature en apparence aussi tordues que le titre de son petit livre (qui se trouve juste à côté de L’Urgence et la patience), etc. Quelques références littéraires (et j’ai peut-être déjà fait le tour ; mieux vaut d’ailleurs éviter la surcharge ; et prendre soin de détourner la référenciation) à disséminer parmi les prochaines Notes.
  11. Amorce désigne de façon abrégée le dispositif d’orientation et de formation Amorce de parcours. Plus précisément il s’agissait d’un marché de la Région Nouvelle Aquitaine ayant pour objectif de « favoriser la progressivité du cheminement individuel et permettre la décision autonome des publics en recherche d’emploi rencontrant des difficultés d’accès à la formation et à l’emploi afin de leur garantir une orientation professionnelle choisie », les actions mises en œuvre devant offrir « la possibilité aux publics de retrouver la dynamique et les codes professionnels, de se projeter dans un parcours et de construire un projet professionnel, d’accéder à une qualification ou directement à un emploi ». – Non, comme Note, ça ne va pas. Il faut un bon coup de hache.
  12. Et quand toutes les Notes seront rassemblées : permutations, combinaisons, dispersions, fréquence (auteurs cités), écarts, tris croisés, incertitudes relatives.
  13. Malt Olbren, Outils du roman : « C’est une technique de travail essentielle. Vous rodez, vous lissez, vous augmentez. Ce qui vous fatigue à recopier, vous l’oubliez. » – Nicolas Boileau, L’Art poétique : « Hâtez-vous lentement ; et, sans perdre courage, / Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : / Polissez-le sans cesse et le repolissez ; / Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. »
  14. Aujourd’hui, les Notes se sont déroulées comme des serpentins. Tu es presque surpris quand ça s’arrête, et tu voudrais que ça continue.
  15. En soi, la numérotation des Notes n’a pas de sens. Elles sont distribuées de manière presque aléatoire, et peuvent largement prendre la place d’une autre, moyennant le respect d’une distribution relativement équilibrée des références aux auteurs, histoire de varier les plaisirs. Un parti pris, bien sûr, qui n’est pas moins contingent que si les Notes avaient été classées par catégories, ou articulées entre elles – et certaines le sont.
  16. Twilight Zone au lieu de Tiers Livre. Va-t-il falloir effectuer ce changement dans les textes précédents ? Mais surtout, est-ce bien raisonnable ?

40 Christina Kinzer - CG Office 010 - 2006

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