Coton

47 Dodo Loulou - photo perso - 2005

On oublie comment c’était. Je l’ai tenue quelques minutes dans mes bras la petite nièce, Théa. Quelques minutes tout contre moi, les yeux grands ouverts. Je marchais doucement, je lui susurrais je ne sais quoi. Juste un filet de paroles. Juste quelques mots, en continu, pour faire résonner mon corps et donner à entendre, à sentir, au bébé qui peut-être n’a pas encore oublié comment c’était, du dedans, le langage du monde et l’univers des voix, à travers la peau, l’amnios, les eaux. Cotonneux. On a oublié comment c’était, mais on sent que ça pourrait revenir. Et puis c’est beau un bébé qui dort. Comme ça, dans le creux des bras, avec la lumière et tout ce bruit, toutes ces voix. Et si on s’endormait comme ça nous aussi, avec le bébé dans les bras ou dans la tête — parce que Noël est déjà passé et le bébé est reparti chez lui avec ses parents ; et on me l’aura vite repris, je n’étais pas le seul à vouloir le bercer —, dans le filet de nos mots envolés ?

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