Quelqu’un qui tranche avec c.ses codes

68 François Bon - Écrire, de Chantal Akerman, et du ralenti en écriture – 31-12-2020 - copie d'écran

… pour chacun de nous, cette question de la construction, de… l’exubérance, qu’on va convoquer, comme elle la cuisine, et puis ensuite ce retrait de l’exubérance… comme on l’a fait avec Hélion, ce qui était paniquant à certains… égards / et puis ensuite… est-ce que, quand elle installe Jeanne Dielman… est-ce que c’est pas le, le projet… de fiction ou de livre, vers quoi chacun ou chacune d’entre nous va, et, si on n’était pas en recherche on serait pas là à tenter de le manipuler ensemble / et, à quel moment elle s’accomplit / quand elle convoque Delphine Seyrig… et l’appartement, qu’on reconstruit comme, lieu de fiction, scénarisé, ou bien, quand on rejoue ça dans le réel, on prend son New York vide / et qu’on installe juste… l’arbitraire, de ces mots… qui viennent de la maison et qui disent : tu reviens quand tu nous manques / et je pense que si on, regarde ça comme une genèse, comme des étapes / je pense que, écrire nous… notre dispositif… La Chambre / même si c’est en lieu ouvert, même si c’est en lieu public, même si c’est en lieu de travail, même si c’est en remémoration mentale, lointaine, même si c’est, un seul texte qui demande onze minutes pour être lu parce qu’il fait un balayage circulaire, ou parce que c’est… quatre textes qui vont faire quatre balayages au même rythme où elle nous installe — justement… quand vous regardez quelque chose comme La Chambre, ou comme Jeanne Dielman, c’est quoi un cinéaste, c’est quelqu’un qui tranche à travers c.ses codes, et qui… n’appartient, à aucun, de ces, systèmes, de codes… quand elle dit : j’ai compris que la technique c’était facile et que ça m’intéressait pas, pfff, faut la croire / alors la question du ralenti, ça devient une vieille lune dans… maintenant que les appareils le propose en, deux coups de boutons… mais en littérature, eh… qu’est-ce que vous avez à répondre… c’est quoi, un ralenti, en littérature… qu’est-ce que ça change, un ralenti, en littérature, pour que ça tienne…

  1. Transcription d’une partie de la proposition d’exercice d’écriture, en vidéo, de l’atelier Prendre #6, du gros plan comme outil littéraire, avec Jean Epstein, sur Tiers Livre.
  2. J’ai quelque peu changé mon codage. Jusqu’à présent, je m’appuyais sur la respiration, le souffle, les pauses, les temps morts, avec les virgules et les points de suspension. Les tirets, c’est pour les coupes personnelles, quand je saute un passage plus ou moins long. Rien n’a changé. Mais j’ai intégré les coupes au montage vidéo de François Bon, avec les slashs. Ça aussi ça participe de la voix, non ?
  3. Je ne change pas le mode continu de la réflexion qui se déploie. Elle est, de toute manière, suffisamment entamée comme ça.
  4. Le petit point entre c et s ne relève pas de la coquille. C’est une hésitation. En fait, il faudrait utiliser le démonstratif à valeur anaphorique ces : François Bon renvoie aux codes cinématographiques, refusés par Chantal Akerman, dont il parle dans le passage que j’ai coupé. Mais avec la coupe, par l’absence de référence initiale, on peut hésiter sur le mot. On peut aussi bien comprendre le possessif ses. — À la rigueur, je n’aurais même pas dû hésiter. Je fais mine d’hésiter, par souci de justesse et avec le propos de François Bon, et avec l’hésitation légitime en regard du texte. Mais avouons que la seconde option me convient mieux, quand le cinéma confine à la poésie.

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