Motul, ou…

Motul, ou comment je me suis retrouvé derrière la structure où je travaille, va savoir pourquoi — pourquoi je me suis retrouvé là derrière pas pourquoi j’y travaille, dans la structure —, comment je suis retourné, ça faisait bien longtemps, dans cette espèce de remise dont on ne perçoit pas le fond, une remise en appentis, un long couloir de terre battue, sombre, courant entre les plaques de ciment, la face arrière des préfabriqués, et une murette en pierres apparentes décrépie, reste de l’enceinte du parc, plutôt un champ en friche aujourd’hui, dans lequel la structure s’est implantée, une murette surmontée de quelques rangées de parpaings sur quoi prennent appui des plaques de toiture ondulées en éverite, et quelques-unes translucides, plus ou moins — un couloir où s’entassaient à l’entrée presque obstruée de nombreux pupitres de l’ancien CFA, souvent cassés, pourris, des pupitres individuels avec un trou pour l’encrier dont il reste un exemplaire dans le garage, un des rares restés dans un état correct que j’ai pu récupérer avant que le tout parte à la déchetterie, et qui me sert de petit établi pour bricoler, c’est Sophie à l’époque qui m’avait dit de me dépêcher — une remise aujourd’hui quasiment vide, au fond de laquelle on tombe sur un mur de parpaings brut et il n’y a plus qu’à faire demi-tour, il n’y a plus qu’à repasser à travers les trois ouvertures, trois murs de parpaings, bruts, et un passage, devant des dizaines de barres métalliques empilées sur trois étages de planches soutenues par des pieux plantés dans la murette, repasser devant des big bag, côté préfabriqués, des big bag vides, repliés, dans d’autres Baobag blancs, et une vingtaine de sacs en plastique transparents entassés, certains bleus, d’autres jaunes, orange, deux tout noirs, de gros sacs poubelle remplis de bouchons, de couvercles et de capsules de toutes les tailles et de toutes les couleurs, des centaines, des milliers sûrement, stockés là on se demande bien pour quoi faire, et puis un gros bidon tout blanc, avec de gros caractères noirs, comme des lignes en dents de scie peintes à la main, comme des signes d’une langue inconnue, et puis le gros bidon orange à l’entrée, le gros bidon orange avec une espèce de flamme jaune et, tout blanc, Motul.

97 Bidon Motul - photo perso - 2021

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