Vénère

140 Image n°3 - Artfèvre - 24 février 2021

                                                           hein… ? et j’vous emmerde ! j’vous emmerde tous, tas d’cons ! usine de merde, pays d’merde, société d’merde ! j’vais vous en mettre plein la gueule ! plein d’autres de vos caillasses à la con ! tous vos gravats, tas d’cons ! j’vais vous en faire un terrier ! un grand terrier pour les animaux qu’vous êtes ! hein… ? un grand terrier d’blaireaux ! des blairs… que vous êtes ! des gros blairs… ! avec vos travaux ! toujours plus gros, toujours plus haut, toujours plus fort ! et avec ça merci, circulez y a plus rien à voir !? tas d’blairs… qui s’en mettent plein la panse de gorets ! ouais, des gorets et des truies là-d’dans ! des gorets et des truies ! et tous des gros blairs… ! avec vos grands sermons sur la force de travail, la force de l’équipe, le travail en équipe, de jour comme de nuit, en trois huit, et surtout la nuit ! hein… ? surtout la nuit mes gorets ! la force de travail, et mon cul ! hein… ? mon cul ! mon cul où tire-toi ma belle ! hein… ? c’est ça gros blair… ! tu voulais m’tirer et t’as pas pu ! hein… ? j’tai bien eu sur c’coup-là ! hein… ? t’as pas pu l’tirer ton coup ! hein… ? hein… que j’t’ai eu ? que j’t’ai bien eu, que j’te l’ai bien mise, hein… ? bien profond mon goret ! hein… gros blair… ! et tu peux toujours m’virer ! tu peux toujours, oh ça oui ! ça oui ! je l’savais ! j’m’en doutais ! j’doutais pas d’toi sur ce c’coup-là ! n’empêche que c’est toi qui t’es bien fait baiser ! tu voulais mon cul mais c’est moi qui te l’ai mise ! hein… ? bien profond ! and yes Sir, the deep throat ! du fond des tripes même, que c’est r’monté ! que j’l’ai vomi, dégueulé, qu’tu voulais mon cul en trois huit ! hein… putain d’usine ! salaud d’pays ! t’en voulais à mon cul ! hein… société chienne ? mais j’t’ai tout renvoyé à la gueule ! des vraies caillasses ! un beau lynchage en public ! t’en es pas rev’nu hein… ? t’y croyais pas à c’coup-là ? hein… gros blair… ! ça t’as fait chier là, hein… ? ça t’as fait chier et t’es bien dans la merde maintenant, hein… ? ça t’as fait du bien d’me virer, hein… ? ça soulage ça, hein… ? t’as pas pu avoir mon cul, mais ça ça t’soulage mon goret ! j’parie même que tu t’es fait d’ssus sur l’moment ! n’empêche que c’est toi le plus emmerdé maintenant ! c’est pas moi, c’est toi ! moi j’vais t’balancer toutes vos caillasses de chantier ! j’vais vous en faire un terrier pour tous les gorets et toutes les truies qu’vous êtes là-d’dans, mes gros blairs… ! ça va m’soulager pour rien ! pour que dalle ! parce que vous allez l’défaire avec vos tractopelles ! avec vos p’tits jouets pour être plus gros, plus haut, plus fort ! ah ça c’qu vous êtes forts ! y en a là-d’dans, hein… ? y en a pas là-haut mais y en a là-d’dans, hein… ? à remplir tous les culs du monde, hein… ? en trois huit, hein… ? usine à foutre ! société d’gens foutre ! de gros blairs… ! vous allez l’défaire mon terrier, hein… ? mais j’men fous, parce que c’est pas moi qu’est dans la merde maintenant ! moi j’suis libre maintenant ! ouais, on m’a libérée ! délivrée ! ouais ! et vous pouvez continuer avec vos tractopelles ! continuez ! continuez ! continuez ! d’toute façon tout c’que vous savez faire c’est vot’ terrier ! c’est un terrier pour les animaux qu’vous êtes que vous construisez ! pour vos gros culs d’blairs… ! vous vous enterrez et vous l’savez même pas ! la force de travail ! la force de l’équipe ! tous solidaires ! tous ensemble, tous ensemble, ouais ! ouais ! c’est comme ça qu’vous vous enterrez ! y en a pas un pour vivre en solitaire ! en grand solitaire ! parce qu’au fond vous en êtes tous, des p’tits solitaires ! c’est ça qu’ça fabrique vot’ usine ! c’est ça la force d’vot’ pays ! c’est ça vot’ rêve de société ? des p’tits solitaires à la con ? des hommes et des femmes seuls ? esseulés ? isolés ? affolés ? qui s’tripotent le nombril ? et qui font d’leurs culs des truc, des machins, des gros bidules à Dudule en trois huit ? pour des gros blairs… ?! et moi on m’vire et j’deviens libre ! tas d’cons ! vous avez rien compris, rien vu ! j’ai plus un rond mais j’suis pas dans la merde, moi, maintenant ! parce qu’avec tout ce que j’ai dégueulé, ça va chier maintenant ! ça va chier ! c’est juste une question d’temps ! vous pouvez encore roulez des mécaniques avec vos p’tits joujoux, vos p’tits tracto ! vous pouvez même vous roulez des pelles ! mais j’ai l’temps, j’ai tout l’temps pour moi maintenant ! qu’est-ce que j’ai l’temps d’vous en balancez d’autres des caillasses, si j’veux ! tout l’temps d’r’venir tous les jours pour ça ! déplacer vos gravats ! vous aider à vous enterrer dans vot’ terrier ! en vous en foutant un coup sur la gueule ! un bon coup de caillasse par-ci par-là ! juste comme ça une petit heure ! et après j’irai m’en j’ter un derrière l’osier, hein… ? libre ! et puis un autre, comme ça ! et un autre ! et un autre ! et un autre ! et puis je r’viendrai, comme ça ! vomir et dégueuler ! dégobiller, hein… ? un bon coup, et comme ça ! le cul en trois huit que vous en croirez pas vos yeux ! hein… ? au pied d’vot’ usine de truies, d’vot’ pays d’gorets, d’vot’ société de blairs… ! hein… ?

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