Mais dors… (2/7) – inspir, expir (cycle Prendre – le temps – 10)

163 Lumignons - photo perso - 2021

Respirer, souffler, ralentir, ralentir le plus possible, ressentir, le flux et le reflux, l’air, l’inspir, l’expir, ça entre et ça sort, ça entre et ça ressort, respiration en suspension, l’air, partout, du bout des doigts des mains au bout des doigts des pieds, lentement, à l’écoute, l’inspir, l’expir, l’air frais, le chaud, le frais, le chaud, en suspension, les yeux fermés, « propagés au profond du bassin », et là tu l’entends, et là tu finirais presque par le voir, le cœur, le sang, battement, écoulement, pression, même l’oscillation, l’amplitude, l’écart, entre le souffle, et le cœur, le retard. Mais dors… Respire, souffle, calque sur la marche du cœur, du même pas, couché, les yeux fermés, tu sens qu’elle glisse, la respiration, elle va et vient sur le flux et le reflux du sang, tu la sens, tu l’entends, au fond du silence, au profond du silement, la scie, sur le marteau et l’enclume, les frottements à chaque battement, que ça s’écoule le sang, que ça presse le cœur, le flux, le reflux, l’inspir et l’expir, « le flux descendre dans le ventre les jambes les pieds », le souffle suspendu, allongé et distendu, dilaté, les yeux fermés, l’oreille à ciel ouvert, les frottements géants dedans, la vibration, lentement, ça reprend, l’amplification, ça sile en modulation de fréquence, comme une scie musicale, idiophone, par torsion, courbure, pression, comme si respirer passait aussi par-là aussi, l’oreille, le profond de l’oreille, avec le sang qui frotte, le cœur qui pousse, du bout des doigts des veines au bout des doigts des valvules, dans le bassin du cœur qui valve, du cœur qui pompe, du cœur qui pousse, du cœur qui palpe, au profond du ventre, dans le profond de l’oreille, à coups de marteau et d’enclume auriculo-ventriculaires, de scie qui vibre, amplifiée, frottée, frappée, tapée, gonflée, sifflée, soufflée en plein cœur, dans le reflux et l’influx, l’inspirexpir, en suspension les yeux fermés, « tête confiée à l’arrondi d’un bras », et t’entends plus que ça, tu vois plus que ça maintenant, rien d’autre que ce que t’entends, le souffle au cœur, au fond de l’oreille, vibratile et amplifène, le bain de sang, la poussée, le fond, en profondeur, le bassin qui valve, qui valvule, la scie idiophone, acouphène, que même le lit, même les murs, que même la chambre ça reflue, ça frotte, ça bat, ça vibratile, ça amplifène, que même le silence au fond, que même la nuit, en plein cœur, même à 3 h 17 bordel, déjà, en retard profond. Mais dors…

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